Les facteurs affectant la fertilité du cheval

 

1. CHEZ L’ETALON

1.1. Infections virales

1.2. Infections bactériennes

1.3. Infections parasitaires

1.4. les anomalies génitales

 

 

2. CHEZ LA JUMENT

2.1. Facteurs pathologiques

2.2. Les perte embryonnaires

2.3. Facteurs infectieux

2.4. Infections bactériennes

2.5. Infections à protozoaires

2.6. Infections mycosiques

1. CHEZ L’ETALON

1.1. Infections virales

Artérite virale:

Se caractérise par une dégénérescence et une nécrose des petites artères desservant le système musculaire. Les dommages subis par les artères se retrouvent dans toutes les parties du corps avec œdèmes, hémorragies et sont révélés par des symptômes divers : avortement si la jument contracte la maladie pendant la gestation, fièvre, diminution des globules blancs, inflammation catarrhale des muqueuses respiratoires, digestives, œdème de la conjonctive, des paupières, des membres.

Ce tableau clinique est actuellement atténué chez les animaux séropositifs détectés. Au cours de la période fébrile de la maladie, le virus est présent dans le sang, les sécrétions nasales, le sperme, la salive et les fèces des animaux atteints.

Chez l’étalon porteur le sperme contiendrait le virus pendant la phase clinique de la maladie. Le virus persiste dans la semence d’un certain pourcentage de convalescents quelques semaines après la fin des symptômes et chez le 1/3 des animaux pendant des années (porteurs chroniques). Le taux de porteurs chroniques varie considérablement selon les élevages. On suppose que le repos sexuel dès l’apparition des premiers symptômes, la vaccination avec un virus vivant atténué ou enfin des signes cliniques moins sévères diminuent les chances d’apparition de portage chronique.

Les juments saillies par un étalon porteur-excrèteur deviennent systématiquement séropositives (Anticorps neutralisants) dans les 28 jours suivant la saillie. Elles présentent très rapidement des signes cliniques de la maladie. Ces étalons joueraient un rôle très important dans la dissémination de la maladie.

Le portage du virus dans la semence s’accompagne toujours de la présence dans le sérum d’Anticorps neutralisants à des taux élevés. Le niveau d’excrétion du virus apparaît constant pendant toute la durée du portage.

Un étalon séropositif qui a terminé la phase évolutive de la maladie et qui n’est pas excréteur du virus dans son sperme ne deviendra jamais excréteur à l’avenir. C’est sur cette phase que repose la réglementation.

Anémie infectieuse

C’est une maladie spéciale aux équidés, infectieuse, virulente, peu contagieuse et essentiellement inoculable. Elle est due à un Rétrovirus et se caractérise par une évolution chronique où dominent amaigrissement, œdèmes et anémie entrecoupés par les épisodes aigus fébriles. Un animal contaminé par le virus le sera jusqu’à sa mort. Il sera porteur d’Anticorps spécifiques mis en évidence par le test de Coggins.

Le sang représente la source virulente essentielle : d’où les transmissions par des insectes piqueurs et certaines interventions (seringue, rabot odontriteur, fibroscop…). On compare cette maladie au SIDA de l’homme.

Le virus peut également être présent dans le sperme. Sa transmission aux juments a été peu étudiée. Un étalon atteint doit être abattu.

Exanthème coïtal

Il est dû à un Herpes virus type III. Les symptômes sont des petites vésicules sur la verge qui rendent l’étalon temporairement déprimé, incapable de monter suite à la douleur. Un repos de 3 semaines et une application d’un onguent contenant des antibiotiques (nitrofurazone: Furacin ND) est nécessaire pour la disparition de ces vésicules et pour prévenir des adhésions prépuciales.

 

1.2. Infections bactériennes

Métrite contagieuse

L’agent responsable est une bactérie taylorella equigentalis qui entraîne une métrite chez la jument nouvellement atteinte.

L’étalon héberge le germe au niveau de la muqueuse génitale en particulier au niveau du smegma situé dans le replis de la fosse urétrale (taille d’un pois, aspect du mastic).

L’étalon est porteur sain, c’est à dire qu’il se contente de transmettre le germe aux juments sans présenter aucun symptôme.

L’étalon est porteur chronique, c’est à dire qu’en absence de traitement, il peut rester porteur des années.

L’étalon se contamine :

– généralement par la saillie d’une jument contaminée ;

– éventuellement par le contact de son appareil génital externe avec la main contaminée d’un étalonnier ;

– certainement par d’autres voies inconnues ; nous sommes loin de pouvoir expliquer toutes               les sources de contamination lors de dépistage d’étalons positifs sur le terrain :

*certains étalons sont porteurs avant leur mise à la reproduction ;

*certains étalons semblent porteurs à répétition (blanchiment partiel lors de traitement, éclipses passagères du germe, milieu favorable à des recommandations régulières,) ;

*l’IA et les mesures d’hygiène n’empêchent pas la contamination de certains étalons ce qui laisse supposer l’existence d’une autre source ?

Inflammation des organes génitaux externes (ou Orchite)

L’inflammation des testicules fait généralement suite aux traumatismes. Les testicules deviennent chauds, œdémateux, douloureux et la concentration en spermatozoïdes diminue. Une hydrothérapie avec de l’eau froide et une antibiothérapie (comme couverture) sont préconisées. Les Streptocoques (Béta) hémolitiques sont les germes les plus fréquemment rencontrés.

Urtérite

L’inflammation de l’urètre est généralement associée à une cystite. Le principal symptôme est l’hémospermie (sang               dans la semence) qui rend l’éjaculât infertile. Les germes rencontrés sont Pseudomonas aeruginosa et Klebsiella pneumoniae.

Les étalons âgés, malades, peuvent être des porteurs sains et transmettre ainsi les germes. Un repos sexuel de 10 jours à 40 jours avec une antibiothérapie spécifique sont nécessaires.

 

1.3. Infections parasitaires

Dourine

maladie vénérienne due à un protozoaire Trypanosoma equiperdum. Elle se manifeste après une incubation d’une à deux semaines par une décharge urétrale mucoïde avec une hyperthermie et un œdème du pénis, du prépuce et du scrotum. La libido est conservée mais l’intromission est impossible et parfois due à la paralysie du pénis. La dourine peut être mortelle chez certains étalons et asymptomatique chez d’autres. Des plaques urticaires, de 2,5 cm sur tout le corps, sont des signes pathologiques.

Habronémose

Les larves d’Habronèma muscae sont des parasites du prépuce et du pénis. En se trouvant près de la fosse urtérale, les larves peuvent produire un granulome du pénis.

 

1.4. les anomalies génitales

Pénis-prépuce

Ils peuvent être le siège de tumeurs, de traumatismes qui empêcheront l’intromission ou altéreront la qualité du sperme par la présence d’éléments anormaux telles que les hématies.

Hématome du pénis

Est généralement dû à la mauvaise conduite de l’étalonnier (ruade d’une jument mal entravée, mouvement brusque de la jument lors de l’intromission). L’œdème s’installe rapidement et peut entraîner un paraphymosis avec balanoposthite aiguë. L’hdrothérapie avec de l’eau froide en plus des massages (durant 30 mn- 2 à 4 fois par jour) ^peuvent prévenir l’accumulation des fluides. La tranquilisation est contre indiquée lors de paraphymosis ou lacération profonde du pénis, elle intensifie l’œdème.

Paralysie du pénis:

Plusieurs étiologies peuvent entraîner une paralysie du pénis: l’utilisation des phénothiaziniques (notamment la propriopromazine), l’administration de testostérone, une atteinte neurologique (atteinte des nerfs sacraux), ou une maladie infectieuse telle que la rage. Les étalons atteints gardent leur libido et peuvent monter les juments mais présentent des difficultés à rétracter leur pénis.

Carcinome spino-cellulaire:

Est la plus commune des tumeurs du pénis. Ce sont des petites lésions kératinisées qui deviennent ulcérées par la suite.

Testicules:

Certaines atteintes des testicules ont une répercussion directe sur la spermatogenèse. En effet, l’hypoplasie, la dégénérescence et les néoplasmes testiculaires entraînent une altération de la spermatogenèse et donc de la qualité du sperme.

La production de spermatozoïdes est nulle lors de l’hypoplasie et d’atrophie dégénérative des testicules. L’étiologie est inconnue, mais elle est attribuée à des facteurs congénitaux ou à une déficience nutritive.

Parmi les néoplasmes testiculaires, les lipomes, les tumeurs des cellules interstitielles ou des cellules de Leydig sont rencontrées. Elles peuvent entraîner des dégénérescences testiculaires. L’éjaculât est pauvre en spermatozoïdes normaux mais la libido n’est pas atteinte.

2. CHEZ LA JUMENT

2.1. Facteurs pathologiques

pathologies ovariennes

Persistance du corps jaune

Elle est due à un défaut de lutéolyse causé par un défaut de sécrétion des prostaglandines PGF2(alpha) par l’endomètre, d’où un allongement de la phase lutéale. Cette allongement peut être dû aussi aux ovulations dioestrales occasionnelles, ce qui fait que le taux de progestérone reste élevé (4-5 ng/ ml).

Follicules anovulatoires

Ils seraient causés par une incapacité de synthèse ou de libération de la FSH. La jument exhibe des signes irréguliers de chaleurs, c’est une caractéristique de la période de transition vers la saison sexuelle. Ces follicules anovulatoires n’interfèrent pas avec le fonctionnement de l’ovaire sain.

Hématomes ovariens

L’hémorragie post-ovulation est normale par contre si elle persiste, un hématome se forme et peut atteindre 5-12 cm de diamètre. Il peut persister 2 semaines à 6 mois suivant la taille initiale et se résorbé sans traitement. L’hématome n’altère pas le fonctionnement de l’ovaire sain.

Tumeur des cellules de granulosa

Est la plus commune des néoplasmes ovariens. Les différents symptômes observés sont : une nymphomanien un anoestrus, un comportement mâle. Ces tumeurs entraînent une production incontrôlée d’hormones stéroidiennes, qui bloquent l’activité de l’ovaire sain par un feed-back négatif sur l’axe hypothalamo-hypophysaire, rendant ainsi les juments infertiles.

Pathologies du système tubulaire

Pathologie du vagin et du col

La plupart des traumatismes telles que les adhésions, les lacérations, les fistules recto-vaginales, les kystes ou autres anomalies siégeant au niveau du vagin ou du col rendent la jument incapable de concevoir. Les cervicites sont généralement associées à une infections utérine ou une utilisation de matières irritantes.

-le pneumovagin: une mauvaise conformation vulvaire, fait que l’air pénètre dans le vagin. Ceci est à l’origine de cervicites et: ou de métrites qui sont responsables de l’infécondité de la jument car l’air contribue aux modifications physico-chimiques du milieu utérin et à l’entrée de bactéries et des souillures.

L’opération de Caslick qui consiste en la fermeture partielle haute de la vulve, prévient le pneumovagin et donc l’infection. Cette simple opération a permis de sauver au moins 15% de poulinières. Le pneumovagin est fréquemment rencontré chez les juments âgées.

-L’urovagin: est souvent associé à un pneumovagin et atteints les juments âgées. Il ya accumulation d’urine dans le vagin, et parfois dans l’utérus d’où une irritation de l’endomètre.

Pathologie utérine

-le pyomètre: est assez rare chez la jument et est souvent associé à une cervicite occlusive. Il y a accumulation de pus dans l’utérus. Les juments deviennent stériles. Le pyomètre est souvent responsable d’un allongement du dioestrus.

-les kystes endomètriaux ou lacunes lymphatiques: peuvent être d’une taille ne dépassant pas quelques millimètres à plusieurs centimètres suite à la distension des vaisseaux lymphatiques de l’endomètre qui se produit généralement chez les juments âgées de plus de 10 ans. Les kystes peuvent interférer avec la fertilité en diminuant la surface endomètriales utile à la nidation.

-la fibrose périglandulaire: représente la seconde cause d’infertilité d’origine utérine chez la jument âgée. Le dépôt de fibres concentriques de collagène autour des branches des glandes de l’endomètre fait suite à une endomètrite chronique dégénérative. Elle prédispose aux résorptions embryonnaires jusqu’à 3 mois de gestation.

-L’endométrite: c’est une cause rare importante d’infertilité. Elle est caractérisée par une infiltration de cellules inflammatoires. Les étiologies diffèrent: un pneumovagin, une mauvaise hygiène lors des saillies et du poulinages, une rétention placentaire, un part dystocique, des avortements, des causes intrinsèques (kystes, atrophies glandulaires, fibrose périglandulaire).

L’infection est fonction de la résistance individuelle de la jument et de la pathogénéicité des souches bactériennes qui la contaminent. Un défaut de motricité utérine semble déterminant chez les juments dites « susceptibles » ou « non résistantes » à une infection.

Il est à signaler que pendant la phase à prédominance oestrogénique (œstrus),la résistance antibactérienne de l’utérus est nettement plus forte que pendant la phase à prédominance progestéronique (dioestrus).

Les endométrites peuvent être aiguës ou chroniques. Lors d’endométrites chroniques, l’écoulement vaginal n’est visible qu’à la suite de la saillie et dure quelques jours. L’examen au spéculum montre une muqueuse vaginale et cervicale congestionnées et une présence de sécrétions sur le plancher vagin.

Le traitement d’une endométrite dépend de la gravité et de l’étendue des lésions. Des méthodes d’investigations paracliniques (biopsie endomètriale, la cytologie et la bactériologie) aident à évaluer l’état de l’endomètre et à choisir un traitement. L’administration intra-utérien d’antibiotiques, de plasma ou d’antiseptiques, de solution saline pendant l’œstrus favorise l’évacuation mécanique du contenu utérin en plus de la stimulation de défense immunitaire de l’utérus. L’administration à des juments infertiles d’un immunostimulant Eqstim ND à la dose de 1 ml/ 113kg en IV à J1, J3, et J7 de l’œstrus permet de faire saillir les juments à la fin du traitement. Le taux des gestation obtenu est de 85,è%. LeBlanc cité par Biggs a démontré que chez les juments à endométrites confirmées, l’administration d’ocytocine 4 à 8 h, après une saillie à la dose de 10-éà UI en IM aide la jument à nettoyer son utérus. Ce traitement est toujours combiné à un lavage utérin qui élimine les produits inflammatoires; Selon cette étude, un pourcentage de conception de 83,7% a été obtenu.

 

2.2. Les perte embryonnaires

La mortalité embryonnaire est définie comme étant la perte de l’embryon avant les 50 jours de gestation, elle atteint 5 à 45% selon le stade de gestation.

Ainsi, entre 15 et 50 jours, l’incidence des pertes embryonnaires varie entre 5 et 17%.

Les facteurs induisant les pertes embryonnaires sont multiples:

-la déficience en progestérone: 18% des pertes embryonnaires vers le 15ème et le 1_ème jour,

-l’âge: l’incidence augmente de 6 à 18 ans,

-la manipulation entraîne la mortalité embryonnaire au 25ème- 31ème jour de gestation,

-L’endomètre bactérienne est la cause la plus fréquente,

-la saillie lors des chaleur de poulinage.

 

2.3. Facteurs infectieux

Infection virales

L’exanthème coïtal

Maladie vénérienne ulcérative due à l’herpès virus de type III. Des lésions pathognomonique ulcératives sont observées au niveau des muqueuses de l ’appareil génital. Les signes apparaissent, environ une semaine après la contamination. Un écoulement purulent avec prurit est observé.

L’artérite à virus

Maladie contagieuse transmise par voie respiratoire ou par voie vénérienne. Elle est due à un Togavirus. Des avortements tardifs sont observés chez la jument ayant été contaminée par inhalation. Une période fébrile survient 7 à 10 jours après l’infection suivie d’une conjonctivite et d’un écoulement nasal. Des pertes embryonnaires occasionnelles sont relevées.

La Rhinopneumonie

Maladie contagieuse transmise par voie aérienne et est due à un herpès virus de type I. Les juments infectées avortent au dernier tiers de gestation tandis que les jeunes présentent des troubles respiratoires. L’incidence de l’EHV I peut être réduite par la vaccination des juments aux 5ème, 7ème et 9ème mois de gestation. L’immunité post-vaccinale dur deux mois.

 

2.4. Infections bactériennes

Les infections bactériennes sont nombreuses, elles représentent 13% des avortements chez les juments

2.5. Infection à protozoaires

Le protozoaire Trypanosoma equiperdum est l’agent de la dourine, maladie contagieuse vénérienne. Les symptômes se résumes en une inflammation, un œdème des organes génitaux et parfois un avortement. Les autres protozoaires tels que Babesia peuvent secondairement entraîner des avortements.

2.6. Infections mycosiques

Elles sont responsables d’environ 10% des avortements tardifs. Mucor sp et Aspergillus sp., qui sont des agents opportunistes, peuvent être responsables d’une placentite suite à l’utilisation répétée d’antibiotiques ou une mauvaise hygiène.

es par une décharge urétrale mucoïde avec une hyperthermie et un œdème du pénis, du prépuce et du scrotum. La libido est conservée mais l’intromission est impossible et parfois due à la paralysie du pénis. La dourine peut être mortelle chez certains étalons et asymptomatique chez d’autres. Des plaques urticaires, de 2,5 cm sur tout le corps, sont des signes pathologiques.

Habronémose

Les larves d’Habronèma muscae sont des parasites du prépuce et du pénis. En se trouvant près de la fosse urtérale, les larves peuvent produire un granulome du pénis.

Article rédigé par :

Mademoiselle BENAMAR Malak, chef de centre de reproduction et docteur vétérinaire.

 

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